• Le Bois de Cessieu en fête pour la transhumance

    Le Bois de Cessieu en fête pour la transhumance
    DL : 30 octobre 2016

    Le Bois de Cessieu n'a rien d'un bois dormant. Encore moins le jour de la transhumance. Perché sur un plateau, le hameau semble retiré du monde. On y trouve une école. Seulement 22 élèves. Et un instituteur, Jean-François Magnard, gilet jaune et chapeau en cuir, bien occupé à organiser le passage d’un troupeau de 450 brebis de retour d'estive, ce vendredi soir : « On attend plus de 1 000 personnes. Avec les barrières de sécurité, on est obligé de faire la circulation. Des véhicules ont également été stationnés pour éviter qu'un fou ne tente de foncer sur la foule », souffle celui qui fait partie de l'association des Ânons, en charge d'accueillir le berger Olivier Pongan, parti à pied il y a dix jours de Saint-Pierre-de-Chartreuse en direction de Saint-Marcel-Bel- Accueil, son village d'origine.

    Il est 17 h 30. La marée humaine grossit malgré le froid et la nuit tombante. Sur le bord de la route, des gamins jouent à se faire peur, bien emmitouflés dans leurs habits d'hiver, sous l'œil des parents et grands-parents qui eux s'impatientent. Les animaux se font attendre ! Pour tuer le temps, certains en ont profité pour aller se restaurer. Et se réchauffer le bout des doigts au contact d’une bonne crêpe au chocolat. D'autres sont repartis avec une barquette d’aligot. Pour l’association de quartier, la recette de la journée permet de financer une bonne partie des activités scolaires : « Cela nous rapporte en moyenne entre 3 000 et 3 500 euros. Avec cet argent, on va pouvoir proposer des séances d’équitation et des sorties cinéma aux élèves », sourit Jean-François Magnard, qui vient d’être alerté. Ça y est ! Le berger Olivier Pongan, accompagné de sa famille et d'amis, entame son ascension. À vive allure.

    Il est à peine 18 heures lorsqu'on aperçoit dans la brume un immense nuage blanc sur pattes. Comme lors d’une étape du Tour de France, les cris d'encouragement déchirent le ciel. Le bas-côté est noir de monde. Les bêtes n'y prêtent guerre attention, visiblement pressées d'en finir. Plus qu’un virage et les voilà devant la petite école. Elles passeront la nuit sur l'herbe grasse du terrain Ganet, avant de regagner leur contrée : « On réalise cette transhumance depuis six ans maintenant (sauf en 2015 pour des raisons sanitaires) raconte Obvier Pongan. J'ai l'impression qu'à chaque fois il y a toujours plus de monde pour nous accueillir ! » Dans la foule, Maryline Vidal, bénévole de l'association des Ânons croit savoir pourquoi : « Les gens ont besoin de retrouver un esprit village. Et je pense que l'aspect traditionnel de la transhumance aide beaucoup. »

    Flavien 0SANNA

    Notre vidéo sur le site http://www.ledauphine.com/isere-nord/2016/10/30/plus-d-un-millier-de-personnes-a-la-transhumance

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